Relations de cohabitation d'entraide mutuelle

Par Juan Madridejos Velasco et Luis Alberto Álvarez Moreno, Notaires de Barcelone et associés de la Notaire à Barcelone J&LA Notaires.

Table des matières (23)
  • Quelles sont les relations conviviales d'entraide mutuelle ?
  • Qui peut constituer une relation conviviale d'entraide mutuelle en Catalogne ?
  • Exigences subjectives (art. 240-2 CCCat)
  • Limite de personnes cohabitantes
  • Exigences objectives pour constituer une relation conviviale d'entraide mutuelle
  • 1. Unité de cohabitation dans un même logement habituel
  • 2. Contribution désintéressée à la vie domestique
  • 3. Existence d'une volonté de permanence et d'entraide
  • Exclusion des cohabitations temporaires
  • Comment formalise-t-on une relation de cohabitation d'entraide mutuelle ?
  • 1. Par acte notarié devant notaire
  • 2. Pour cohabitation continue pendant au moins deux ans
  • Pactes d'Assistance d'Aide Mutuelle : autonomie privée et limites légales
  • Contenus possibles des pactes d'assistance à la cohabitation
  • Limites des contrats de cohabitation
  • Extinction des relations conviviales d'entraide en Catalogne
  • Causes légales d'extinction (art. 240-5 CCCat)
  • Continuité dans les relations pluripersonnelles
  • Conséquences juridiques après l'extinction
  • Révocation automatique des pouvoirs
  • Droit d'usage du logement (art. 240-6 CCCat)
  • Questions fréquentes sur les relations conviviales d'entraide en Catalogne
  • JLA Notaires, Notaire pour les relations de cohabitation avec des colocataires

Ces dernières années, les structures familiales et de cohabitation ont évolué au-delà des modèles traditionnels. La Catalogne, à la pointe en matière de Droit Civil, a reconnu légalement une figure qui répond à ces nouvelles réalités : les relations de cohabitation d'entraide mutuelle.

Quelles sont les relations conviviales d'entraide mutuelle ?

La relation conviviale d'entraide mutuelle est une figure juridique propre et exclusive du Droit civil catalan, réglementée spécifiquement dans le Livre II du Code Civil de Catalogne (CCCat). Cette modalité reconnaît légalement l'existence d'une cohabitation stable entre deux ou plusieurs personnes majeures qui ne sont ni unies par mariage ni par un couple stable, mais qui partagent une résidence habituelle et coopèrent de manière altruiste, que ce soit en contribuant aux dépenses communes, en assumant des tâches domestiques ou les deux à la fois.

Ce type de relation se configure comme une alternative juridique flexible face au modèle traditionnel de famille, spécialement pensée pour couvrir des situations d'entraide mutuelle entre personnes âgées, des liens d'amitié consolidés ou des relations familiales collatérales (comme entre frères ou neveux), dans lesquelles existe une volonté de permanence et de collaboration réciproque.

Pour que cette cohabitation produise des effets juridiques pleins, elle doit se baser sur la ferme intention de permanence et d'entraide mutuelle, conformément à l'article 240-1 du Code Civil de Catalogne.

Qui peut constituer une relation conviviale d'entraide mutuelle en Catalogne ?

Exigences subjectives (art. 240-2 CCCat)

La loi établit clairement qui peut et qui ne peut pas constituer ce type de relation conviviale :

Personnes qui peuvent la formaliser :

  • Adultes entretenant une relation de parenté collatérale (par exemple, frères, cousins ou nièces).
  • Personnes sans lien familial, unies par une relation d'amitié ou de compagnonnage durable.

Personnes qui ne peuvent pas la formaliser :

  • Conjoints entre eux.
  • Couples stables, selon la définition légale du CCCat.
  • Membres de la famille en ligne directe, comme parents et enfants, grands-parents et petits-enfants.

Découvrez les droits correspondants aux mariages et couples de fait ici :

Limite de personnes cohabitantes

Dans les cas où il n'existe pas de lien de parenté entre les membres, le nombre maximum de cohabitants autorisé par la loi est de quatre personnes. Cette limitation vise à préserver le caractère personnel, stable et solidaire de ce type de cohabitation, évitant qu'elle ne se dénature en une simple cohabitation de groupe sans lien affectif ni engagement mutuel.

Exigences objectives pour constituer une relation conviviale d'entraide mutuelle

En plus de remplir les conditions personnelles, la relation de cohabitation d'entraide mutuelle exige une série de conditions objectives qui doivent coexister simultanément pour avoir une validité juridique selon le Code civil de Catalogne. Ces exigences sont essentielles pour différencier cette figure d'autres formes de cohabitation non réglementées.

1. Unité de cohabitation dans un même logement habituel

Il est indispensable que les personnes impliquées partagent une résidence commune qui constitue leur domicile habituel et permanent. La coexistence occasionnelle ni la simple cohabitation temporaire ne sont admises, car la norme exige une intention claire d'établir une vie commune.

2. Contribution désintéressée à la vie domestique

Les cohabitants doivent collaborer gratuitement et sans contrepartie économique au maintien du foyer. Cette collaboration peut se matérialiser par :

  • Des contributions aux dépenses communes (loyer, fournitures, alimentation, etc.).
  • La réalisation de tâches ménagères.
  • Ou bien, une combinaison des deux formes de contribution.

Cet élément distingue la relation de cohabitation de tout accord contractuel ou relation de travail dissimulée.

3. Existence d'une volonté de permanence et d'entraide

Il doit y avoir une volonté explicite de permanence dans la cohabitation, ainsi qu'un engagement réel d'entraide réciproque entre les personnes qui la composent. Cette volonté ne peut être simplement implicite ou circonstancielle ; elle doit se projeter dans le temps et être orientée à créer un environnement stable de soutien mutuel.

Exclusion des cohabitations temporaires

Sont expressément exclues de cette figure juridique les situations de cohabitation purement conjoncturelles ou sans engagement durable, telles que celles qui se produisent entre colocataires, étudiants ou personnes partageant un logement pour des raisons économiques, sans qu'il y ait une volonté claire de permanence ni d'entraide mutuelle.

Comment formalise-t-on une relation de cohabitation d'entraide mutuelle ?

Exigences formelles et voies de constitution légale

Le Code civil de Catalogne offre deux mécanismes pour doter de validité juridique les relations de cohabitation d'entraide mutuelle. Les deux permettent que la cohabitation ait des effets légaux pleins, bien qu'ils diffèrent quant à leur immédiateté et à la manière de prouver l'existence de la relation.

1. Par acte notarié devant notaire

La voie la plus directe et sûre pour formaliser cette relation est la délivrance d'un acte notarié public. Cet instrument permet de laisser une preuve immédiate et fiable de la volonté des cohabitants, du respect des exigences légales et des accords qu'ils ont pu établir. Dès le moment de sa signature, la relation est juridiquement constituée.

Cette option présente d'importants avantages :

  • Sécurité juridique et preuve documentaire incontestable.
  • Facilité d'inscription dans les registres administratifs si nécessaire.
  • Possibilité d'inclure des pactes d'assistance mutuelle spécifiques (voir plus loin).

En savoir plus sur les actes :

2. Pour cohabitation continue pendant au moins deux ans

Il est également possible que la relation soit constituée de manière tacite, à condition de prouver une cohabitation ininterrompue d'au moins deux ans. Pour cela, il n'est pas exigé un acte de notoriété notarié, des moyens de preuve tels que :

  • Le recensement conjoint au même domicile.
  • Des documents prouvant des dépenses partagées ou une cohabitation prolongée.

Cette alternative est utile lorsqu'un acte notarié n'a pas été établi, mais peut poser des problèmes pour prouver l'existence de la relation auprès de tiers ou à des fins administratives ou fiscales.

Pactes d'Assistance d'Aide Mutuelle : autonomie privée et limites légales

Un des aspects les plus importants de cette figure juridique est que le Code civil de Catalogne reconnaît la pleine liberté des pactes d'assistance entre les membres de la relation de cohabitation. C'est-à-dire que les cohabitants peuvent établir des accords de cohabitation personnalisés qui régissent cette situation et les conséquences juridiques qui en découlent.

Contenus possibles des pactes d'assistance à la cohabitation

Parmi les accords de cohabitation qui peuvent être formalisés, on distingue :

  • La répartition des dépenses communes et le partage des tâches ménagères.
  • La possibilité que l’un des cohabitants assume exclusivement certaines charges économiques ou personnelles.
  • La réglementation des effets en cas d’éventuelle extinction de la cohabitation, incluant des aspects tels que l’attribution du logement, les indemnités ou le partage des biens acquis en commun.

Limites des contrats de cohabitation

Pour que ces pactes d'assistance soient pleinement valides et exigibles, ils doivent remplir une condition fondamentale : ne pas porter préjudice à des tiers. Cela implique, par exemple, qu'il ne pourra pas être convenu de clauses qui portent atteinte aux droits des créanciers, des héritiers réservataires ou d'autres légataires.

En tout cas, la formalisation par acte notarié de ces pactes d'assistance mutuelle apporte clarté, sécurité et force probante, et peut être particulièrement utile en cas de conflits ou de cessation de la cohabitation.

Extinction des relations conviviales d'entraide en Catalogne

Comme toute figure juridique, la relation conviviale d'entraide mutuelle a une durée limitée à la volonté des convivants ou à certaines circonstances prévues légalement. Le Code civil de Catalogne, dans son article 240-5, régule les causes d'extinction de cette cohabitation, ainsi que les effets juridiques qui découlent de sa dissolution.

Causes légales d'extinction (art. 240-5 CCCat)

La relation de cohabitation peut prendre fin pour les raisons suivantes :

Causes expressément convenues par les parties dans les accords préalablement formalisés.

Continuité dans les relations pluripersonnelles

Dans les cas où la relation est formée par plus de deux personnes, l'extinction n'implique pas nécessairement la dissolution totale. Si l'un des cohabitants quitte la relation, celle-ci peut continuer entre les autres, à condition que la cohabitation, l'entraide et les autres exigences légales soient maintenues.

Conséquences juridiques après l'extinction

La dissolution d'une relation de cohabitation entraîne une série d'effets juridiques automatiques, particulièrement importants dans le domaine de l'usage du logement commun, des pouvoirs notariaux accordés et des accords d'assistance mutuelle convenus pendant la cohabitation.

Révocation automatique des pouvoirs

Conformément au Code civil de Catalogne, la extinction de la relation entraîne la révocation de tous les pouvoirs accordés entre les cohabitants. Cette mesure vise à éviter des situations de représentation non désirée une fois la cohabitation terminée, garantissant la sécurité juridique des deux parties.

Droit d'usage du logement (art. 240-6 CCCat)

Le sort du logement partagé après la dissolution dépend de sa titularité et du régime dans lequel il se trouvait :

a) Si le logement est la propriété exclusive de l’un des cohabitants :

Les autres doivent quitter le logement dans un délai maximum de trois mois, sauf si un accord contraire a été convenu dans les accords de cohabitation.

b) Si le cohabitant propriétaire décède :

Les autres cohabitants peuvent rester dans le logement pendant une période allant jusqu’à six mois, à condition qu’il n’existe pas un accord contraire ou une disposition testamentaire indiquant le contraire.

c) Si le logement était loué et que le titulaire du contrat était l’un des cohabitants :

Les autres pourront se substituer au contrat de location, en conservant l’usage du logement pendant un an à compter de la dissolution (ou jusqu’à la fin du contrat si elle est antérieure). Pour cela, ils devront en informer le bailleur dans un délai maximum de trois mois à compter de la dissolution de la cohabitation.

Questions fréquentes sur les relations conviviales d'entraide en Catalogne

La relation conviviale d'entraide mutuelle ne présuppose pas l'existence d'un lien sentimental ou affectif exclusif, ni ne génère les droits légaux propres au mariage ou à un couple stable enregistré. Son fondement est la cohabitation solidaire et le soutien mutuel, sans caractère conjugal.


Oui. Le Code civil de Catalogne permet de constituer une relation conviviale entre jusqu'à quatre personnes, à condition qu'il n'existe pas de lien de parenté en ligne directe (comme parents et enfants) ni de liens de couple entre les cohabitants. Cette option est spécialement conçue pour des groupes d'amis, frères ou membres de la famille collatérale qui partagent un logement et des soins.


Ce n'est pas strictement nécessaire, mais fortement recommandé. La relation peut être légalement prouvée si une cohabitation continue d'au moins deux ans est démontrée, au moyen de preuves valides. Cependant, sans acte notarié, d'importants avantages fiscaux sont perdus et il devient difficile de la prouver devant des tiers ou des administrations.


Parmi les moyens valables pour prouver la cohabitation, on inclut :

  • Le recensement conjoint au même domicile.
  • Contrats de fournitures partagées (électricité, eau, internet).
  • Témoignages de tiers ou déclarations sous serment.
  • Actes notariés documentant la cohabitation ou la relation établie.

Oui. L'acte notarié doit refléter fidèlement la composition du groupe de cohabitation. Si une nouvelle personne rejoint le groupe ou si l'un des cohabitants quitte la relation, il sera nécessaire de dresser un nouvel acte qui reflète la nouvelle réalité juridique.


Du point de vue fiscal, oui : si les conditions légales sont remplies, le conjoint peut bénéficier du même traitement qu'un enfant ou descendant aux fins de l'Impôt sur les Successions. Cependant, du point de vue civil ou successoral, il ne se voit pas automatiquement reconnaître la qualité d'héritier, sauf s'il a été expressément désigné par testament.


JLA Notaires, Notaire pour les relations de cohabitation avec des colocataires

Les relations conviviales d'entraide représentent une réponse juridique moderne et efficace face aux nouvelles formes de cohabitation dans notre société.

Si vous envisagez de constituer une relation conviviale d'entraide, nous vous invitons à bénéficier des conseils experts de nos Notaires à Barcelone. Nous vous aiderons à formaliser votre relation avec toutes les garanties légales, optimiser son traitement fiscal et planifier l'avenir en toute sécurité.

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