Questions fréquentes sur les testaments
Lorsque nous avons besoin de trouver un Notaire pour testaments, nous sommes généralement pleins de doutes que nous devons résoudre. Pour cela, nous vous proposons les réponses suivantes aux questions fréquentes sur les testaments qui se posent dans notre notaire à Barcelone.
Nous les diviserons en trois phases :
- celles liées au moment de le faire
- le contenu et les limites du testament
- ses dispositions et conditions
Quand faire un testament ?
À quel âge peut-on rédiger un testament ?
En Espagne, toute personne âgée de plus de 14 ans peut faire un testament, à condition d'avoir la capacité suffisante pour comprendre la portée de ce qu'elle fait. Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être majeur.
Exemple pratique : un jeune de 16 ans avec un petit patrimoine hérité de ses grands-parents pourrait organiser sa succession par testament.
Est-il nécessaire d'avoir des biens pour faire un testament ?
Non. Le testament n'exige pas qu'au moment de le rédiger, on possède déjà des biens concrets. L'important est la prévision.
Exemple pratique : une personne célibataire de 30 ans, sans patrimoine important, peut désigner ses parents ou frères et sœurs comme héritiers. Si à l'avenir elle acquiert un logement ou des économies, ces biens seront automatiquement soumis au testament déjà établi.
Quel est le meilleur moment de la vie pour le faire ?
La réponse est claire : tout moment est bon pour rédiger un testament. Le testament est un outil de planification qu'il convient d'avoir dès les premières étapes de la vie, et qui peut ensuite être modifié. Cependant, certaines situations sont particulièrement recommandées :
- Lors du mariage ou du début d'une cohabitation stable.
- Lors de la naissance d'enfants, surtout s'ils sont mineurs.
- Lors de l'acquisition d'un logement ou d'autres biens de valeur.
- Après un divorce ou un changement important dans la famille.
- En cas de maladie grave.
L'erreur la plus courante est de penser que le testament ne se fait qu'à la vieillesse ou à l'approche de la mort. Dans les études notariales, nous voyons quotidiennement que les familles apprécient qu'il ait été fait à temps.
Puis-je changer mon testament autant de fois que je le souhaite ?
Oui. Le testament est révocable : on peut en établir un nouveau à tout moment, et le dernier dans le temps sera le valide.
Exemple pratique : une personne qui fait un testament en faveur de son conjoint et, après un divorce, décide de le révoquer et de laisser ses biens à ses enfants. Le nouveau testament remplace automatiquement l'ancien.
Découvrez ici pourquoi il est recommandé de suivre cette procédure :
Contenu et limites du testament
Le testament est un instrument très flexible, mais pas illimité. La loi fixe certaines limites et obligations que tout testateur doit connaître avant de le rédiger.
Que puis-je décider librement dans mon testament ?
Le testateur peut disposer librement d'une partie de son patrimoine (la dite « part de libre disposition ») et aussi :
- Nommer des héritiers et des légataires.
- Désigner un exécuteur testamentaire pour exécuter sa volonté.
- Répartir des biens spécifiques à des membres de la famille ou à des tiers.
- Établir des améliorations en faveur de certains descendants.
- Inclure des dispositions personnelles, comme le souhait d’être incinéré ou le choix du cimetière.
Exemple pratique : une personne ayant deux enfants peut laisser la réserve héréditaire correspondante à chacun et, en plus, utiliser sa part de libre disposition pour bénéficier à une nièce qui l’a soignée pendant des années.
Découvrez-en plus à ce sujet dans ces articles connexes :
Quelle est la signification de la légitime et comment limite-t-elle ma liberté lors de la rédaction d'un testament ?
La légitime est la portion de l'héritage que la loi réserve obligatoirement à certains héritiers (appelés héritiers réservataires). En Espagne, elle varie selon la législation applicable :
- Dans le Code civil commun, elle correspond aux descendants à deux tiers de l'héritage (un tiers de légitime stricte et un autre de réserve d'amélioration).
- En Catalunya, la légitime est un quart du patrimoine, à répartir entre tous les enfants à parts égales.
Cela signifie que le testateur ne peut pas priver complètement ses enfants (ou autres héritiers réservataires) de l'héritage, sauf dans des cas exceptionnels de déshéritement.
Découvrez plus ici :
La déshéritation et les causes de la déshéritation
Il est possible de déshériter un enfant, mais uniquement dans les cas expressément prévus par la loi. La déshéritation ne peut pas se baser sur une simple décision unilatérale : elle doit s’appuyer sur des causes légales et, en outre, être reflétée dans le testament.
Parmi les causes admises par le Code civil commun et par le Code civil de Catalogne, on trouve :
- Mauvais traitements graves corporels.
- Refus de fournir des aliments au testateur.
- Attentat contre la vie du testateur ou de ses proches.
- Mauvais traitements psychologiques ou manquement grave à la relation familiale, reconnus expressément en Catalogne et admis en droit commun à travers la jurisprudence du Tribunal Suprême.
Cela signifie qu’un abandon émotionnel ou l’absence totale de relation entre père et enfant peut justifier la déshéritation, à condition que ce soit grave, continu et prouvé.
Exemple pratique : un père qui n’a aucun contact avec un enfant depuis des décennies pourrait invoquer le manque de relation comme cause de déshéritation. Toutefois, en cas de contestation, ce seront les tribunaux qui apprécieront si les conditions sont réunies.
En définitive, la déshéritation pour manque de relation ou mauvais traitements psychologiques est possible, mais nécessite une justification solide et des preuves permettant d’attester cette situation.
Vous pouvez approfondir l’information via ce lien :
Que se passe-t-il si je n'ai pas d'héritiers réservataires ?
Si le testateur n'a ni descendants, ni ascendants, ni conjoint, il bénéficie d'une pleine liberté pour léguer ses biens à qui il souhaite : parents éloignés, amis, ou même des associations caritatives et ONG.
Exemple pratique : une personne célibataire, sans enfants ni parents vivants, peut léguer son patrimoine à une fondation de recherche médicale ou à un ami proche.
Peut-on imposer des conditions dans le testament ?
Oui. Le testateur peut lier l'attribution d'un bien ou d'une succession à une condition déterminée, tant qu'elle n'est ni illicite ni impossible.
- Exemple valable : laisser un logement à un enfant à condition qu'il ne le vende pas dans un délai de 10 ans.
- Exemple invalide : conditionner l'héritage au fait que l'héritier ne se marie jamais, car cela irait à l'encontre de la liberté personnelle.
Que se passe-t-il si je meurs sans avoir fait de testament ?
Lorsqu'une personne décède sans testament, s'ouvre la succession ab intestat. Dans ce cas, la loi décide qui sont les héritiers et dans quel ordre.
- En droit commun (Code civil) :
- Les enfants et descendants, à parts égales.
- À défaut d'enfants, les parents et ascendants.
- S'il n'y a pas d'ascendants, hérite le conjoint survivant.
- Puis les frères et neveux.
- Enfin, d'autres parents jusqu'au quatrième degré, et à défaut de tous ceux-ci, l'État.
- En Catalogne (Code civil de Catalogne) :
- Héritent d'abord les enfants et descendants, toujours à parts égales.
- À défaut de descendants, hérite le conjoint survivant ou partenaire en union stable, avec certaines particularités.
- S'il n'y a ni conjoint ni partenaire stable, succèdent les parents et ascendants.
- Puis, les frères et neveux.
- Enfin, les autres parents collatéraux jusqu'au quatrième degré.
Exemple pratique : une personne veuve et sans enfants décède en Catalogne. Ses héritiers seront ses parents (s'ils sont vivants). En revanche, en droit commun, dans ce même cas, hériterait d'abord le conjoint survivant, et seulement à défaut de celui-ci les parents.
Dans les deux régimes, l'absence de testament génère plus de démarches, plus de coûts et moins de contrôle sur la répartition des biens.
Vous pouvez obtenir plus d'informations à ce sujet ici :
Que faut-il faire lorsque le testateur décède ?
Ceci est l'une des questions les plus fréquentes en matière de notariat. Les étapes de base pour pouvoir traiter la succession sont :
- Obtenir le certificat de décès. Il est délivré par le Registre Civil du lieu de décès.
- Demander le certificat des dernières volontés. Il atteste si le défunt a fait un testament et dans quel notariat.
- Demander une copie authentifiée du testament. Seuls les héritiers ou les personnes ayant un intérêt légitime peuvent la demander.
- Rassembler la documentation patrimoniale. Actes de propriété immobilière, certificats bancaires, polices d’assurance, etc.
- Se rendre chez le notaire pour traiter l’acte de succession.
Si aucun testament n’existe, au lieu de l’étape 3, on traite une déclaration d’héritiers abintestat devant le notaire compétent selon le dernier domicile ou lieu de décès du défunt.
Exemple pratique : à la mort d’une personne à Barcelone, son fils demande au Ministère de la Justice le certificat des dernières volontés. Avec celui-ci, il se rend chez le notaire où le testament a été signé et demande une copie authentifiée pour pouvoir commencer le partage de la succession.
Découvrez plus sur chacun de ces documents et comment les obtenir dans notre article :
Questions moins courantes mais importantes sur les dispositions testamentaires
Outre les questions les plus connues, au sein de la notariat, nous recevons d'autres questions qui, bien que moins fréquentes, ont une grande importance pratique.
Pouvoir, c'est possible. Mais en pratique cela n'a pas beaucoup de sens : le testament est toujours ouvert après un certain nombre de jours suivant le décès du testateur (au minimum 15 jours ouvrables après l'inscription du décès au Registre Civil). À ce moment-là, l'enterrement ou la crémation aura déjà eu lieu.
Ce qui est réellement recommandé, c'est de rédiger un autre document notarié différent : le testament vital ou document de volontés anticipées. Dans celui-ci, on peut laisser constance de :
- Si l'on souhaite être incinéré ou enterré.
- La destination des cendres ou le lieu d'inhumation.
- Le type de cérémonie désirée.
- La volonté de faire don d'organes.
En plus de le rédiger, il est conseillé de remettre une copie aux membres de la famille et aux personnes de confiance, et de parler directement avec eux afin qu'ils connaissent et respectent cette volonté le moment venu.
Exemple pratique : une personne rédige un document de volontés anticipées dans lequel elle demande à être incinérée et que ses cendres soient dispersées en mer. Elle informe ses enfants et leur remet une copie, assurant ainsi que son souhait soit respecté.
Oui. La partie de libre disposition du patrimoine permet au testateur de bénéficier à des personnes qui ne sont pas des héritiers réservataires, ou même à des institutions, fondations et ONG.
Cela est de plus en plus fréquent, car beaucoup de personnes souhaitent qu'une partie de leur patrimoine ait une finalité solidaire.
Exemple pratique : un testateur laisse 10 % de son héritage à une fondation de recherche contre le cancer, et répartit le reste entre ses enfants.
Oui. Le testament est l'instrument le plus approprié pour désigner la personne que le testateur souhaite voir devenir tuteur de ses enfants mineurs en cas de décès des deux parents.
Cependant, il faut garder à l'esprit que la désignation faite dans le testament n'est pas une imposition absolue, mais une préférence légalement reconnue : le juge évaluera l'aptitude du tuteur désigné et, sauf s'il existe une cause le déconseillant, respectera la volonté du testateur.
C'est pourquoi il est très conseillé de laisser une mention claire dans le testament du choix du tuteur et, dans la mesure du possible, de parler préalablement avec la personne choisie pour s'assurer qu'elle accepte cette responsabilité.
Exemple pratique : des parents avec deux enfants mineurs décident de nommer comme tutrice dans leur testament la sœur de la mère. Lorsque les deux décèdent, le juge examine l'aptitude de la tante et, en l'absence d'empêchements, la nomme formellement tutrice des enfants.
Oui, le testateur peut imposer des conditions aux dispositions de son testament, mais toujours dans les limites légales.
- Conditions valides : ce sont celles qui ont un but raisonnable, sont possibles à réaliser et ne portent pas atteinte aux droits fondamentaux. Par exemple, remettre un logement à condition que l’héritier le conserve pendant un certain temps ou qu’il termine ses études universitaires.
- Conditions nulles : ce sont celles qui imposent une obligation illicite, impossible ou qui affectent les droits fondamentaux de la personne. Par exemple, conditionner l’héritage à ne jamais se marier ou à changer de religion.
En pratique, les conditions doivent être rédigées avec précision, car si elles sont ambiguës ou contraires à la loi, elles peuvent donner lieu à des conflits judiciaires ou même à la nullité de la disposition testamentaire.
Exemple pratique : un grand-père lègue un local commercial à son petit-fils à condition qu’il y maintienne l’activité familiale pendant 5 ans. Cette condition est valide car elle est claire, temporaire et ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux.
Conclusion : l'importance de faire un testament
Le testament est, sans aucun doute, l’un des instruments juridiques les plus utiles et accessibles qui existent. Avec une procédure simple, économique et rapide, toute personne peut garantir que sa volonté soit respectée et éviter à ses héritiers des démarches longues, des dépenses inutiles et d’éventuels conflits.
L’expérience notariale démontre que le testament n’est pas seulement une question de patrimoine : c’est aussi une forme de planification personnelle et familiale, qui apporte de la tranquillité tant au testateur qu’à ceux qu’il aime le plus.
Le testament ne signifie pas penser à la mort, mais organiser la vie de ceux qui restent. Plus il est établi tôt, plus on gagne en sécurité. Et si les circonstances changent, il pourra toujours être modifié ou révoqué.
C’est pourquoi notre recommandation est claire : n’attendez pas un moment critique pour faire un testament. Rendez-vous chez votre notaire de confiance, résolvez vos doutes avec un professionnel et laissez votre volonté clairement exprimée avec une pleine sécurité juridique. Vos héritiers vous en seront reconnaissants.