Loi 12/2023 du 24 mai : Les principales nouveautés de cette Loi sur le Droit au logement

Par Juan Madridejos Velasco et Luis Alberto Álvarez Moreno, Notaires de Barcelone et associés chez J&LA Notarios Asociados.

Ce post vise à analyser la Loi 12/2023, du 24 mai relative au droit au logement. Depuis notre notaire à Barcelone, JLA Notarios, nous souhaitons d'abord analyser les nouveautés dans les politiques publiques du logement, puis les nouveautés concernant les expulsions en cas d'occupations, en traitant spécialement les changements relatifs aux grands propriétaires de logements.

Nous analysons les nouveautés de la loi sur le droit au logement 12/2023 du 24 mai

La Loi 12/2023, du 24 mai, selon l'article 1 de la Loi 12/2023 régule, dans le cadre des compétences de l'État, les conditions de base qui garantissent l'égalité dans l'exercice des droits et dans le respect des devoirs constitutionnels liés au logement et, en particulier, le droit d'accéder à un logement digne et adéquat. Elle traite également de la régulation du contenu de base du droit de propriété du logement en relation avec sa fonction sociale, attribuant aux pouvoirs publics la fonction d'assurer son respect adéquat.

Par conséquent, c'est une loi d'État applicable sur tout le territoire espagnol, dans toutes les CCAA. En conséquence, nous analyserons les questions les plus importantes introduites par cette Loi 12/2023, du 24 mai.

A) Nouveautés concernant les politiques publiques de logement

  1. La situation des personnes en situation de vulnérabilité particulière en matière de logement est définie. Ainsi, l'article 14 de la Loi 12/2023 stipule : « Les politiques en matière de logement prendront particulièrement en compte les personnes, familles et unités de vie qui vivent dans des établissements et quartiers hautement vulnérables et ségrégués, que ce soit en milieu urbain ou en zones rurales, les personnes sans domicile, les personnes en situation de handicap, les mineurs en risque de pauvreté ou d'exclusion sociale, les mineurs sous tutelle qui cessent de l’être ainsi que toute autre personne vulnérable définie au moment de l’intervention ».
  2. Les pouvoirs publics sont autorisés à promouvoir l’existence de logements abordables incités. L'article 17 établit les règles de fonctionnement de ce type de logements, qui peuvent être de nouvelle construction ou concerner des logements déjà existants.
  3. La déclaration de zones de marché résidentiel tendu est autorisée, à l'article 18 de la Loi 12/2023. De plus, cet article régule également les règles de ces zones et certains aspects liés à l’urbanisme.
  4. L'article 19 de la Loi 12/2023, relatif au droit au logement, régule la collaboration et la fourniture d’informations des grands détenteurs dans les zones de marché résidentiel tendu, qui devront fournir des informations dans ces zones. Ces grands détenteurs seront définis par l’Administration lors de la déclaration de la zone de marché résidentiel tendu. De plus, après avoir fourni ces informations, les Administrations pourront établir des formules de collaboration avec les propriétaires afin de favoriser l’augmentation de l’offre de location abordable dans la zone.
  5. Les Chapitres II et III de la Loi 12/2023 régulent respectivement la collaboration et coopération entre les Administrations Publiques en matière de logement et l’action de l’État en matière de logement.
  6. Le Titre III de la Loi 12/2023 régule dans les articles 27 et suivants les parcs publics de logements, établissant leurs critères et leurs destinations.

B) Changements dans les opérations d'achat et de location de logement

  1. La Loi sur le droit au logement, ou Loi 12/2023, régule dans son Titre IV les mesures de protection et transparence dans les opérations d'achat et de location de logement. Les points suivants se distinguent :
  2. L'article 31 de la Loi 12/2023, en résumé, dit : Sans préjudice des principes et exigences contenus dans la réglementation autonome applicable et à titre minimum, la personne intéressée par l'achat ou la location d'un logement en offre pourra exiger, avant la formalisation de l'opération et la remise de toute somme à compte, les informations suivantes :
    1. Identification du vendeur ou bailleur et, le cas échéant, de la personne physique ou morale intervenante.
    2. Conditions économiques de l'opération.
    3. Caractéristiques essentielles du logement et de l'immeuble, parmi lesquelles :
      1. Certificat ou attestation d'habitabilité.
      2. Justification de la surface utile et construite du logement, en différenciant en cas de division horizontale la surface privative de celle des parties communes.
      3. Ancienneté de l'immeuble et, le cas échéant, des principales rénovations ou interventions réalisées sur celui-ci.
      4. Services et installations dont dispose le logement, tant individuels que communs.
      5. Certificat de performance énergétique du logement.
      6. Conditions d'accessibilité du logement et de l'immeuble.
      7. État d'occupation ou de disponibilité du logement.
    4. Informations juridiques sur le bien immobilier.
    5. En cas de logement protégé, indication expresse de cette circonstance et de la soumission au régime légal de protection applicable.
    6. En cas de immeubles officiellement protégés pour leur valeur architecturale en tant que partie d'un environnement déclaré ou en raison de leur valeur architecturale ou historique particulière, des informations seront fournies sur le degré de protection et les conditions et limitations pour les interventions de réforme ou de réhabilitation.
    7. Toute autre information pouvant être pertinente.
  3. Les articles 32 et suivants régulent l'information et la transparence en relation avec les différentes actions publiques.
  4. Si vous souhaitez connaître quels documents sont nécessaires pour l'achat d'un logement, vous pouvez les consulter ici :

C) La loi sur le logement concernant les expulsions, les évictions d'occupants et les grands propriétaires

  1. Nous allons maintenant voir les nouveautés introduites dans la loi de procédure civile par la loi 12/2023 relative au droit au logement, en ce qui concerne les expulsions des occupants et grands propriétaires. La loi 12/2023 modifie la LEC, surtout pour protéger les personnes en situation de vulnérabilité économique lorsque la demande d'expulsion est faite par un grand propriétaire. Nous pouvons commenter certains des points les plus importants :
  2. Il est à noter que, pour engager des expulsions, les grands propriétaires doivent fournir plus d'informations que lorsque la demande d'expulsion est faite par quelqu'un qui n'est pas un grand propriétaire. Cela est réglementé à l'article 439 de la LEC, après la réforme par la loi 12/2023.
  3. Des règles sont établies pour que les tribunaux déterminent les situations de vulnérabilité. Le nouvel article 441.7 de la LEC indique que, bien que les situations de vulnérabilité soient déterminées individuellement, on peut considérer ce qui suit : « le tribunal, pour apprécier la situation de vulnérabilité économique, pourra prendre en compte le fait que le montant du loyer, s'il s'agit d'un procès d'expulsion pour non-paiement, plus celui des fournitures d'électricité, de gaz, d'eau et de télécommunications représente plus de 30 % des revenus de l'unité familiale et que l'ensemble de ces revenus n'atteint pas :
    1. De manière générale, la limite de 3 fois l'Indicateur Public de Revenu aux Effets Multiples mensuel (ci-après IPREM).
    2. Cette limite sera augmentée de 0,3 fois l'IPREM par enfant à charge dans l'unité familiale. L'augmentation applicable par enfant à charge sera de 0,35 fois l'IPREM par enfant dans le cas d'une unité familiale monoparentale ou dans le cas de chaque enfant avec un handicap égal ou supérieur à 33 %.
    3. Cette limite sera augmentée de 0,2 fois l'IPREM par personne de plus de 65 ans membre de l'unité familiale ou personnes en situation de dépendance à charge.
    4. Dans le cas où l'un des membres de l'unité familiale aurait déclaré un handicap égal ou supérieur à 33 %, une situation de dépendance ou une maladie qui l'empêche de manière permanente et dûment justifiée d'exercer une activité professionnelle, la limite prévue à la lettre a) sera de 5 fois l'IPREM, sans préjudice des augmentations cumulées par enfant à charge. À ces mêmes fins, le tribunal, pour apprécier la vulnérabilité sociale, pourra considérer le fait que, parmi les occupants du logement, se trouvent des personnes dépendantes »
  4. Il convient de souligner le nouvel article 441 bis après la réforme par la loi 12/2023 : « 1 bis. Lorsqu'il s'agit d'une demande de récupération de la possession d'un logement ou d'une partie de celui-ci qui est traitée conformément aux dispositions de l'article 250.1.4., la notification sera faite à la personne qui occupe ce logement. Elle pourra également être faite aux occupants inconnus du logement. Aux fins d'identifier le destinataire et les autres occupants, la personne effectuant l'acte de communication pourra être accompagnée des agents de l'autorité.

    Si le demandeur a demandé la remise immédiate de la possession du logement, dans le décret d'admission à la procédure de la demande, il sera demandé aux occupants de fournir, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de celle-ci, un titre justifiant leur situation de possession.

    Si aucune justification suffisante n'est fournie, le tribunal ordonnera par ordonnance l'expulsion des occupants et la remise immédiate de la possession du logement au demandeur, à condition que le titre joint à la demande soit suffisant pour prouver son droit de posséder et sans préjudice de ce qui est établi aux paragraphes 5, 6 et 7 de cet article si l'identification du destinataire de la notification ou des autres occupants du logement a été possible.

    Contre l'ordonnance qui statue sur l'incident, aucun recours ne sera possible et elle sera exécutée contre n'importe lequel des occupants présents à ce moment dans le logement. »

D) Autres modifications de la loi 12/2023 relative au droit au logement

  1. La prolongation des baux est modifiée dans la LAU. Il est à noter dans le nouvel article 10 de la LAU que le locataire d'un logement principal peut demander une prolongation extraordinaire d'un an qui doit être acceptée par le bailleur grand propriétaire si le demandeur est en situation de vulnérabilité.
    Il est également déterminé que dans le cas où le bien loué se trouve dans une zone de marché résidentiel tendu, la prolongation se fait par périodes annuelles, pour un maximum de 3 ans, qui doit être acceptée par le bailleur sauf si le contrat de location en dispose autrement ou si un nouveau bail a été convenu avec les limitations de loyer des nouveaux paragraphes 6 et 7 de l'article 17 de la LAU.
  2. En ce qui concerne la mise à jour du loyer, le nouveau 46 du décret-loi 6/2022, du 29 mars, par lequel des mesures urgentes sont adoptées dans le cadre du Plan national de réponse aux conséquences économiques et sociales de la guerre en Ukraine, après la Loi 12/2023, établit :
  3. « La personne locataire d'un contrat de location de logement soumis à la Loi 29/1994, du 24 novembre, sur les baux urbains, dont le loyer doit être actualisé parce que la période annuelle correspondante de validité est atteinte entre le 1er janvier 2024 et le 31 décembre 2024, pourra négocier avec le bailleur l'augmentation qui sera appliquée à cette actualisation annuelle du loyer, sous réserve des conditions suivantes :
    1. Dans le cas où le bailleur est un grand propriétaire au sens de l'article 3.k) de la Loi 12/2023, du 24 mai, sur le droit au logement, l'augmentation du loyer sera celle résultant du nouvel accord entre les parties, sans que la variation annuelle du loyer puisse dépasser trois pour cent. En l'absence de ce nouvel accord entre les parties, l'augmentation du loyer sera soumise à cette même limitation.
    2. Dans le cas où le bailleur n'est pas un grand propriétaire, l'augmentation du loyer sera celle résultant du nouvel accord entre les parties. En l'absence de ce nouvel accord entre les parties, l'augmentation du loyer à appliquer ne pourra pas dépasser trois pour cent »
  4. L'article 17.3 de la LAU est modifié pour fixer, comme règle générale, le paiement du loyer des locations par des moyens électroniques.

Avez-vous besoin de plus d'informations sur la loi 12/2023 relative au droit au logement ?

Jusqu'ici notre article avec analyse de la nouvelle loi 12/2023, du 24 mai, sur le droit au logement. Si vous avez besoin d'en savoir plus sur le processus d'achat d'un logement, vous pouvez entrer ici :

Depuis JLA Notario, en tant qu'experts en droit en général et en ventes immobilières en Catalogne, nous pouvons vous assister dans les opérations d'achat de logements. Depuis notre Notariat à Barcelone, notre équipe de professionnels offre garantie et sécurité juridique dans vos transactions.

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